
La Coupe du monde est toujours bien plus qu’une simple compétition de football elle rassemble les nations, leurs histoires, leurs ambitions et leurs différences autour d’un même terrain. Celle de 2026 n’a pas échappé à cette règle, puisqu’elle aura été mouvementée, spectaculaire et pleine de surprises.
Personnellement, ce que j’en retiens surtout, c’est la place occupée par le football africain, non pas parce qu’il serait en train de naître ou de se découvrir, mais parce que cette édition nous a permis de mesurer davantage sa richesse et ses ambitions sur la scène internationale. Le football africain existe déjà, avec son histoire, ses références, ses grands joueurs et un talent reconnu depuis longtemps, cette Coupe du monde nous a simplement offert une nouvelle occasion de le regarder avec plus d’attention.
Les équipes africaines ne sont pas venues uniquement pour participer, mais aussi pour exister, rivaliser et, pour certaines, aller le plus loin possible. Avec dix représentants engagés, l’Afrique a connu sa plus forte présence dans l’histoire de la compétition, ce qui a permis à plusieurs sélections et à de nombreux joueurs de se faire remarquer, notamment le gardien cap-verdien Vozinha et l’Ivoirien Yan Diomande.Cette performance ne doit toutefois pas être considérée comme une découverte soudaine, puisqu’elle rappelle que le football africain possède depuis longtemps des joueurs capables d’évoluer au plus haut niveau. Sadio Mané, Mohamed Salah, Achraf Hakimi, Riyad Mahrez, Franck Kessié et Cédric Bakambu l’ont confirmé au fil de leurs parcours, tandis que Yan Diomande, Ibrahim Maza, Ayyoub Bouaddi, Noah Sadiki et Emam Ashour ont montré que le continent pouvait également compter sur une nouvelle génération prête à prendre ses responsabilités.
La CAN avait déjà annoncé cette richesse
La CAN 2023, organisée en Côte d’Ivoire en janvier et février 2024, avait déjà démontré que plusieurs sélections africaines pouvaient rivaliser avec les favoris. La Côte d’Ivoire, finalement championne, avait elle-même connu un parcours difficile avant de remporter le trophée, ce qui avait rappelé que le football africain ne se résumait pas à quelques nations traditionnellement attendues au dernier carré. La CAN 2025, organisée au Maroc, a ensuite prolongé cette impression de richesse et de compétitivité, avec de nouveaux joueurs prenant davantage de responsabilités et des sélections confirmées continuant à afficher leurs ambitions. La Coupe du monde 2026 s’inscrit donc dans cette continuité.
Les dix sélections africaines ont contribué à mettre en valeur le continent, mais le Cap-Vert, l’Égypte et la RDC retiennent particulièrement mon attention en raison de la portée symbolique de leur parcours. La première participation du Cap-Vert représente une étape importante pour le pays et une image forte de la diversité du football africain ; le gardien Vozinha est d’ailleurs devenu l’un des symboles de cette aventure historique, montrant que les nations moins habituées à cette scène peuvent elles aussi s’imposer.
L’Égypte, habituée aux grandes compétitions africaines, a rappelé l’importance de son histoire et de son expérience. Avec Mohamed Salah et Emam Ashour, elle a montré que le football égyptien pouvait compter sur des cadres reconnus tout en laissant de la place à une nouvelle génération. Pour le Congo, le retour des Léopards représente également un moment particulier, car la RDC possède une véritable culture du football, une grande passion populaire et un potentiel humain important. Yoane Wissa, Chancel Mbemba, Meschack Elia, Brian Cipenga et Fiston Mayele illustrent cette richesse, que cette participation doit désormais contribuer à développer afin que le retour de la RDC ne reste pas un simple souvenir.
Le Maroc constitue l’exemple le plus parlant d’une sélection africaine capable de s’installer durablement parmi les meilleures. Après sa demi-finale historique de 2022, les Lions de l’Atlas ont encore atteint les quarts de finale en 2026, confirmant que leur précédente performance n’était pas un exploit sans lendemain. Des joueurs comme Achraf Hakimi, Azzedine Ounahi et Brahim Díaz ont contribué à maintenir l’équipe à un niveau élevé, tandis que l’Académie Mohammed VI symbolise un travail de formation construit sur plusieurs années, dont sont issus plusieurs internationaux marocains et qui témoigne de l’importance d’une vision durable.Le Maroc n’est toutefois pas le seul exemple de cette dynamique, puisque cette Coupe du monde a également permis de voir une génération africaine moins impressionnée par les grandes nations du football. Beaucoup de ces jeunes, formés en Europe et évoluant dans des clubs importants, côtoient régulièrement des joueurs de haut niveau, ce qui leur permet d’aborder les sélections avec davantage d’assurance et d’envisager plus naturellement le choix de représenter leur pays d’origine afin d’affronter de grandes équipes et des joueurs de renommée internationale.
Nous suivons leurs performances dans les championnats européens et sommes fiers de les voir s’imposer au plus haut niveau ; il est donc naturel de leur accorder la même considération lorsqu’ils défendent les couleurs de leur sélection. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille ignorer les difficultés liées à la formation, aux infrastructures, à l’organisation ou à la gouvernance, mais reconnaître ces limites ne doit pas nous empêcher d’apprécier les progrès accomplis.
L’Afrique n’a pas découvert le football en 2026, pas plus qu’elle n’a découvert son talent. Elle a simplement offert une nouvelle démonstration de sa valeur. Le football africain était déjà présent, riche de son histoire et de ses joueurs, et cette Coupe du monde nous donne une raison supplémentaire de le regarder avec confiance et de croire en ses ambitions.
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