La situation actuelle du Venezuela est le résultat d’un long processus historique marqué par la concentration du pouvoir, la dépendance à la rente pétrolière et des ingérences extérieures répétées. Pour en comprendre les enjeux, il faut dépasser la figure de Nicolás Maduro et replacer la crise dans une dynamique plus large, où s’entremêlent souveraineté nationale, intérêts géopolitiques et effondrement institutionnel.
Pays possédant les plus grandes réserves de pétrole au monde, le Venezuela aurait pu être un moteur de stabilité régionale, pourtant bien avant Maduro, son modèle économique reposait sur une fragilité structurelle. L’arrivée d’Hugo Chávez avait suscité un espoir populaire réel, porté par la promesse d’une redistribution plus juste et d’une rupture avec les logiques néocoloniales mais la personnalisation du pouvoir et l’affaiblissement progressif des institutions ont préparé le terrain de la crise actuelle. Sous Nicolás Maduro, cette fragilité s’est transformée en effondrement: Hyperinflation, pénuries, répression politique, corruption et élections contestées ont conduit à l’exil de plus de huit millions de Vénézuéliens. La volonté du peuple a été confisquée, prise en étau entre un régime autoritaire et une pression internationale croissante.
« L’échec d’un régime ne justifie jamais l’effacement du droit. »
L’intervention militaire américaine de janvier 2026 marque une rupture grave : enlèvement d’un chef d’État en exercice, bombardements ciblés, survol de la capitale sans mandat explicite des Nations unies, ces actes constituent une violation des principes fondamentaux du droit international même face à un régime discrédité. Le recours unilatéral à la force pose une question centrale : qui décide du destin d’un peuple ?
Les justifications avancées, lutte contre le narcotrafic, protection des civils, restauration de la démocratie peinent à masquer des intérêts stratégiques plus profonds. Le Venezuela occupe une place centrale dans la géopolitique énergétique mondiale, son pétrole lourd est particulièrement adapté aux raffineries américaines et son contrôle participe au maintien d’un ordre économique fondé sur le dollar. L’histoire de l’Amérique latine rappelle que chaque tentative d’autonomie réelle s’est heurtée à des lignes rouges rarement négociables. De la Doctrine Monroe aux formes contemporaines de guerre hybride, une constante demeure lorsque la souveraineté d’un État entre en tension avec des intérêts stratégiques majeurs, le droit international devient secondaire.
La guerre menée contre le Venezuela est autant narrative que militaire, elle transforme une intervention en mission humanitaire et une violation de souveraineté en responsabilité morale. Dans ce récit, le peuple vénézuélien disparaît, Il ne réclame ni un dictateur, ni une tutelle étrangère, mais des conditions de vie dignes, la liberté de choisir et le respect de sa souveraineté.
Normaliser l’enlèvement d’un président et l’occupation de facto d’un territoire crée un précédent dangereux. Aujourd’hui Caracas, demain ailleurs, accepter la loi du plus fort, c’est fragiliser l’ensemble du système international.
le silence et l’inaction deviennent des fautes morales. La communauté internationale ne peut continuer à invoquer les droits humains de manière sélective. La liberté ne se bombarde pas, elle se construit avec les peuples.
Cet article est un appel à la lucidité et à la responsabilité. S’informer, refuser les récits simplistes et rappeler que la souveraineté ne doit jamais être conditionnelle sont aussi des formes de résistance. La liberté réelle ne s’obtient jamais en restant spectateur.
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Personnellement, j’ai hâte de voir comment les politiciens européens et américains vont se débrouiller face à leur double discours entre l’hypocrisie et la « promotion de démocratie » apparente.
Ils se cacheront probablement derrière l’excuse de « oui mais, Maduro était un dictateur, nous on veut promouvoir la démocratie…», sauf que qui décide de la définition de ce qu’est un dictateur ? C’est le droit/la loi n’est-ce pas?
Soit le droit existe pour tout le monde, soit il n’existe pour personne. Et dans ce cas, dictateur ou pas dictateur, bon courage avec l’avenir du monde politique…
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